L'urgence du redressement par l'instruction, le travail et la responsabilité
La France traverse une crise qui n'est ni seulement économique, ni seulement budgétaire. Elle est avant tout une crise de transmission.
Depuis plusieurs décennies, notre pays s'est progressivement éloigné de principes pourtant simples : l'instruction, l'effort, le mérite, la responsabilité individuelle et l'engagement citoyen. À force de réformes idéologiques, d'abaissement des exigences et de renoncements successifs, l'école n'assure plus pleinement sa mission fondamentale : transmettre les savoirs et former des citoyens autonomes.
Les parents et l'Éducation nationale auraient dû partager cette responsabilité essentielle. Chacun dans son rôle. Aux familles, l'éducation, le respect des règles et l'apprentissage de l'effort. À l'école, l'instruction, la maîtrise des connaissances et l'élévation intellectuelle. Lorsque l'un ou l'autre se dérobe, c'est toute la société qui s'affaiblit.
Aujourd'hui, nous payons le prix de cinquante années d'errements. Les entreprises peinent à recruter malgré des millions de personnes en âge de travailler. Les savoirs fondamentaux régressent. Les repères civiques s'effacent. Le travail n'est plus toujours perçu comme un facteur d'émancipation mais parfois comme une contrainte dont il faudrait s'affranchir.
Pourtant, ce sont les entreprises, les artisans, les agriculteurs, les commerçants, les professions libérales et l'ensemble des travailleurs qui créent les richesses permettant de financer notre modèle social. Sans production de richesse, il n'y a ni redistribution possible, ni services publics durables, ni solidarité efficace.
La vérité est simple : un État ne distribue que ce qui a d'abord été produit. Lorsque la dépense publique croît plus vite que la richesse nationale, lorsque la dette remplace l'effort collectif, lorsque l'assistance se substitue progressivement à l'émancipation par le travail, le système finit par atteindre ses limites.
Il ne s'agit pas de remettre en cause la solidarité envers les plus fragiles. Une nation digne protège ceux que la maladie, le handicap ou les accidents de la vie frappent injustement. Mais la solidarité ne peut prospérer durablement que sur un socle de responsabilité, de travail et de création de richesse.
La France a besoin d'un sursaut. Il passe par la restauration de l'autorité éducative des familles, le retour à l'excellence scolaire, la valorisation du mérite, la simplification de l'environnement économique et la reconnaissance de celles et ceux qui entreprennent, travaillent et prennent des risques.
Le véritable progrès social ne consiste pas à organiser durablement la dépendance à l'aide publique. Il consiste à permettre au plus grand nombre de vivre dignement du fruit de ses efforts.
L'avenir de notre pays dépend moins de ce que l'État promet que de ce que les Français sont capables d'accomplir lorsqu'on leur redonne les moyens, la confiance et la liberté d'agir.
Christian Bochet
Moreuil-Citizen
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