À chaque crise, la même recette. À chaque défaillance de l'État, la même solution. À chaque violence, le même réflexe : faire payer ceux qui n'y sont absolument pour rien.
Cette prétendue « mutualisation » des dégâts causés par les émeutes est une absurdité morale autant qu'un scandale politique.
Des individus choisissent de casser, piller, incendier des commerces, détruire des biens publics, terroriser des quartiers entiers. Et quelle est la réponse proposée ? Faire contribuer davantage les citoyens respectueux des lois par le biais de leurs assurances.
Autrement dit : les casseurs cassent, les victimes pleurent, et les assurés paient.
On ose appeler cela de la solidarité. Non. La solidarité consiste à aider une victime. Pas à répartir entre des millions de citoyens la facture laissée par des délinquants.
Depuis quand les actes criminels sont-ils assimilés à des catastrophes naturelles ? Une émeute n'est ni une inondation, ni une tempête, ni un séisme. C'est le résultat de décisions humaines prises par des individus parfaitement conscients de ce qu'ils font.
Le plus révoltant est le message envoyé. Si les dégâts sont systématiquement mutualisés, alors la société s'habitue à l'idée que les responsables ne paieront jamais réellement les conséquences de leurs actes. C'est le triomphe de l'irresponsabilité organisée.
Les Français travaillent, paient leurs impôts, leurs charges, leurs taxes, leurs assurances. Et lorsqu'une minorité détruit des millions d'euros de biens, on leur explique qu'il faudrait encore ouvrir le portefeuille au nom du vivre-ensemble.
Non.
La justice exige un principe simple : celui qui casse paie. Celui qui incendie rembourse. Celui qui pille indemnise. Tout le reste n'est qu'un transfert de responsabilité des coupables vers les citoyens honnêtes.
À force de socialiser les conséquences de la violence, on finit par banaliser la violence elle-même.
Une démocratie digne de ce nom protège les victimes et sanctionne les auteurs. Elle ne transforme pas les contribuables et les assurés en caisse de secours permanente pour les casseurs.
Quand un pays demande aux honnêtes gens de payer pour ceux qui détruisent, ce n'est plus de la solidarité. C'est une capitulation.
Cette fois il faudra que les élus rendent des comptes devant le peuple.